Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire

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 TRADUCTION DU TOME 12 PAR ORWELL ET/OU SUNNY !

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Esmé_Deschemizerre
Béatrice


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MessageSujet: Re: TRADUCTION DU TOME 12 PAR ORWELL ET/OU SUNNY !   Ven 28 Oct - 12:05

lol clair !!! ca va pas etre du gateau , mais comeme quel taré ce snicket ...
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Mandragore
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MessageSujet: Re: TRADUCTION DU TOME 12 PAR ORWELL ET/OU SUNNY !   Ven 28 Oct - 18:30

j' ai peur que la misère, ça soit aussi dans la version française, traduite par cette chere rose-marie ...
=)ç

Peut - être que tout compte fait, je vais le lire en anglais .. apres la bio quand même
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Hawenn
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MessageSujet: Re: TRADUCTION DU TOME 12 PAR ORWELL ET/OU SUNNY !   Sam 29 Oct - 15:00

Moi j'attendrai !!!!

^$^
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isadora
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MessageSujet: Re: TRADUCTION DU TOME 12 PAR ORWELL ET/OU SUNNY !   Sam 29 Oct - 17:19

je ne sais pas si j'aurai la patience d'attendre sa sortie en anglais! vous me donnez envie
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Hawenn
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MessageSujet: Re: TRADUCTION DU TOME 12 PAR ORWELL ET/OU SUNNY !   Sam 29 Oct - 17:54

Anglais ?? français tu veux dire ???

^$^
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isadora
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MessageSujet: Re: TRADUCTION DU TOME 12 PAR ORWELL ET/OU SUNNY !   Sam 29 Oct - 20:00

oups! oui, je veu dire francais bien sur! en anglais il est déja sorti. mais comme en même temps je pensais que je le lirais en anglais, je me suis mélangée les pinceaux
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Hawenn
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MessageSujet: Re: TRADUCTION DU TOME 12 PAR ORWELL ET/OU SUNNY !   Sam 29 Oct - 20:11

Normal !!!

^$^
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Klaus


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MessageSujet: Re: TRADUCTION DU TOME 12 PAR ORWELL ET/OU SUNNY !   Ven 18 Nov - 22:32

Alors, ou en est la traduction du chapitre 2? Vous avez pense a passer le texte devant un miroir?
Courage Sunny!!!!! Va y Orwell!!!!
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Archonte


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MessageSujet: Re: TRADUCTION DU TOME 12 PAR ORWELL ET/OU SUNNY !   Ven 18 Nov - 22:46

Ben je vais tenter de traduire oui, puisque sa royale burtonerie ne semble pas porter grande attention à ce travail... J'essayerai de vous donner les premiers jets pour la fin du week-end !

_________________
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MessageSujet: Re: TRADUCTION DU TOME 12 PAR ORWELL ET/OU SUNNY !   Sam 19 Nov - 12:56

Cool mais c'est sunny "sa royale burtonerie"?
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Féval
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MessageSujet: Re: TRADUCTION DU TOME 12 PAR ORWELL ET/OU SUNNY !   Sam 19 Nov - 14:57

Bien sûr.
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MessageSujet: Re: TRADUCTION DU TOME 12 PAR ORWELL ET/OU SUNNY !   Sam 19 Nov - 16:12

Bon, je me suis enfin décidé !
ATTENTION :
les phrases barrées sont dans le livre des phrases imprimées à l'envers de façon à ce qu'on soit obligé d'utiliser un miroir pour les lire. Je rappelle que ce texte m'appartient, donc je vous serai gré de mentionner mon pseudo si vous publiez la traduction ailleurs qu'ici !

Chapitre 2.

Si vous lisiez ce livre dans un miroir, vous verriez à quel point il est troublant de lire les lettres et les mots lorsqu’ils sont écrits à l’envers, comme un reflet qui s’opposerait à vous. En fait, le monde tout entier peut devenir très troublant vu d’un miroir, comme si un tout autre monde opposé au notre, imprimé derrière sa lisse surface argentée, un monde en tous points identique à celui dans lequel nous vivons, mais inversé. La vie est selon moi déjà suffisamment compliquée pour qu’on se donne la peine de lire des mots écrits à l’envers à l’aide d’un miroir, et c’est pourquoi les personnes qui passent de nombreuses années à scruter la surface des miroirs peuvent avoir certaines difficultés à se concentrer sur leur propre monde plutôt que les secrets sibyllins qu’ils ont fini par découvrir après tant d’heures de réflexion, tant métaphorique que physique, comme l’existence d’un membre de leur famille qui les observait déjà à ce même moment.Les orphelins Baudelaire, vous vous en doutez bien, n’avaient pas eu vraiment l’occasion de scruter la surface de miroirs ces derniers temps, au vu de leur préoccupations, un mot qui signifie ici «des mystérieuses et désespérantes circonstances qui les avaient conduits au Comte Olaf.» Mais, même s’ils avaient pris le temps de contempler leur réflexion à chaque moment de leurs journées, ils n’auraient pas pu être préparés au troublant spectacle qui les attendait en haut de la pelouse, alors que le sentier les amenait au sommet d’une butte, toujours encadrée de haies touffues. Et en effet, lorsqu’ils réussirent enfin à rattraper Kit Snicket, ce fut comme s’ils étaient passés de l’autre côté du miroir sans même l’avoir su.
Aussi impossible que cela put paraître, le sentier les avait menés au niveau du toit d’un bâtiment, mais un bâtiment dont le toit pointait vers le sol et les fondations vers le ciel, comme s’il avait été construit à l’envers par un architecte très étourdi. Cet édifice était très grand : de plus en plus perplexes, les Baudelaires se rendirent compte qu’ils n’étaient distants que de quelques mètres des tuiles brillantes du toit, où avait été accroché une large enseigne stipulant : HOTEL DENOUEMENT. Au dessus de ce toit, plus loin d’eux, on pouvait distinguer un étage, si long qu’ils n’en voyaient pas le bout, qui consistait en un alignement hypnotique de grandes fenêtres de droite à gauche, chacune séparée d’une plaque imprimée du chiffre 9. Au dessus de cet alignement ils virent progressivement un second rang de fenêtres, cette fois séparée par le chiffre 8, et encore un autre dédié au chiffre 7, et ainsi de suite, et ainsi de suite, les chiffres s’éloignant de plus en plus des Baudelaires, jusqu’à atteindre le zéro. D’une des fenêtres du dernier étage pointait une étrange cheminée, qui produisait une épaisse fumée blanche, si épaisse qu’elle formait un véritable brouillard au sommet et s’avançait, menaçante, vers les enfants qui virent qu’elle masquait une grande arche implantée tout en haut du bâtiment, au dessus du dernier étage. On pouvait lire sur cet arc de pierre, à mesure qu’ils se rapprochaient de l’hôtel, de grandes lettres formant le mot ENTREE. L’édifice était construit d’étranges briques rouges sang, brillantes dans la clarté du soleil, et ça et là sur les parois poussaient d’étranges fleurs et des amas touffus de lierre vert sombre, qui bizarrement semblait continuer à progresser au-delà du dernier étage.
Mais, alors qu’ils étaient maintenant à quelques mètres de l’hôtel, un des volets s’ouvrit, et les enfants réalisèrent en l’espace d’une seule seconde la raison pour laquelle l’hôtel Dénouement les avait tant troublé. En réalité, ils n’avaient pas du tout contemplé la bâtisse, mais sa réflexion dans un immense étang, pour ne pas dire un lac artificiel, qui se situait en plein devant. Le vrai hôtel se trouvait en fait à l’autre extrémité de l’étang, et se reflétait dans la surface argentée de l’eau. Peut-être vous demandez-vous comment des enfants aussi intelligents avaient pu se laisser berner aussi facilement : après tout, il est très facile de distinguer un vrai bâtiment de la réflexion qu’il laisse contempler dans un plan d’eau. Mais l’architecte de l’hôtel avait manifestement tout fait pour désorienter au maximum le visiteur, en jouant justement sur cette confusion et en l’accentuant par des idées tarabiscotées. Tout d’abord, le bâtiment ne se tenait pas réellement droit, mais semblait pencher vers le sol sous un angle précis, afin que l’étang puisse montrer la façade de l’hôtel mais pas ce qui l’entourait au dehors, pas même le ciel ou les haies. Ensuite, la véritable enseigne de l’hôtel se trouvait bien sur son toit, mais avait été écrite à l’envers, renversée : on lisait donc TNEMEUONED LETOH sur la terre ferme, mais HOTEL DENOUEMENT dans le reflet de l’étang. Enfin, des jardiniers zélés semblaient avoir fait pousser des nénuphars, des lys, des roseaux et d’épaisses mousses de lierres sur les murs de l’hôtel, des plantes qui poussent d’habitude sur la surface des étangs ou sur leurs bords. Les trois enfants regardèrent médusés l’étang, puis l’hôtel, d’un hochement de tête répétitif, avant de reprendre leurs esprits, expression signifiant ici «d’arrêter de rester là bêtement la bouche grande ouverte et de reporter leur attention sur Kit Snicket.»

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MessageSujet: Re: TRADUCTION DU TOME 12 PAR ORWELL ET/OU SUNNY !   Sam 19 Nov - 16:35

Merci, c'est super.
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Klaus


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MessageSujet: Re: TRADUCTION DU TOME 12 PAR ORWELL ET/OU SUNNY !   Sam 19 Nov - 17:26

Excellent, tu es un champion!!!!!
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Docteur Orwell.
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MessageSujet: Re: TRADUCTION DU TOME 12 PAR ORWELL ET/OU SUNNY !   Sam 19 Nov - 17:37

Encore la suite ! (service express)

SUITE DU CHAPITRE 2
TOUJOURS SOUMIS AU COPYRIGHT DE DOCTEUR ORWELL (SANS DEC)

«Venez par là, enfants Baudelaire !», interpella Kit, et les orphelins découvrirent qu’elle s’était assise sur la pelouse, ou plus précisément sur une énorme nappe qu’elle avait étalée sur le sol. Celle-ci était entièrement recouverte d’aliments à emporter, en des quantités gargantuesques, assez pour en nourrir toute une armée, si celle-ci avait eu l’idée saugrenue d’envahir l’étang. Il y avait trois énormes pains de mie prédécoupés, chacun d’une forme différente, alignés devant de petits bols de beurre, de jambon, et de ce qui semblait être une pâte chocolatée. A côté de ces tartines potentielles, il y avait un panier gigantesque qui contenait toutes sortes de viennoiseries, des croissants aux torchettes, et des beignets aux religieuses, en passant par les éclairs au caramel qui se révélaient être les favoris de Klaus. Il y avait deux grands plats de quiche, une sorte de tarte faite d’œufs, de fromage, de viande et de légumes, et un large plateau garni de poissons fumés, et une coupole majestueuse qui supportait le poids d’une pyramide de fruits plus divers les uns que les autres. Trois carafes de verre abritaient trois sortes de jus de fruit différents, et deux thermos semblaient contenir le thé et le café. Enfin, une petite valise très chic protégeaient une argenterie, mot signifiant ici « lot de couverts en argent, même si ceux-ci étaient faits d’inox», destinée à ingérer tous ces aliments. Sur celle-ci reposaient trois grandes serviettes monogrammées, mot signifiant ici «avec les initiales V.B., K.B., ou S.B. imprimées sur chacune d’entre elles.»
«Asseyez-vous, allons, asseyez-vous,» fit Kit, alors qu’elle prenait un morceau de pâtisserie nappée de sucre. «Comme je le dis toujours, ce n’est pas parce que l’on a peu de temps qu’il faut mal manger. Servez-vous de n’importe quoi, je vous prie.»
«D’où vient toute cette nourriture ?», demanda Klaus.
«Oh, un de nos associés l’a laissé ici pour nous,», expliqua-t-elle. «C’est une règle fondamentale de notre organisation : les pique-niques voyagent séparément des volontaires. Si nos ennemis réussissent à capturer le pique-nique, ils ne nous causeront pas d’ennuis, et si l’un de nous se fait capturer, il saura que les objets importants contenus dans son pique-nique sont en sûreté. C’est une bonne chose à savoir pour les prochains jours, vu que participez à ce qu’un de nos ennemis nomme «la perpétuelle lutte pour une chambre et un repas.» Oh, et puis essayez la marmelade, vraiment. Elle est délicieuse.»
Les Baudelaires se sentirent brusquement désorientés, comme si leurs têtes étaient encore toutes tourneboulées de leur escapade à travers les haies, et Violette chercha une de ses poches afin de trouver un ruban. La conversation qui allait suivre s’annonçait si intéressante et cruciale que l’aînée Baudelaire ressentait le besoin de garder toute sa concentration, comme si elle était sur le point d’inventer quelque chose. Nouer ses cheveux l’aidait à garder la tête froide et accentuait son inspiration mécanique, mais avant qu’elle put en trouver un, Kit lui sourit gentiment et sortit d’on ne sait où un lacet qui lui appartenait. Elle lui fit signe de s’asseoir, et d’une lueur bienveillante dans ses yeux, elle commença à attacher elle-même la chevelure de Violette, toute crevée, déprimée et enceinte qu’elle était.
«Tu ressembles tellement à ton père.», soupira-t-elle. «Il fronçait les sourcils de la même façon quand il était un peu confus, même s’il n’attachait presque jamais les cheveux lorsqu’il devait résoudre un problème. S’il-vous plaît, avalez votre brunch, les enfants, je serai tout à fait capable de vous expliquer la situation actuelle. J’espère que toutes vos questions trouveront leurs réponses lorsque vous aurez entamé votre seconde pâtisserie.»
Les enfants s’assirent, posèrent sur leurs genoux leurs serviettes monogrammées, et commencèrent à manger, surpris de découvrir qu’ils avaient autant faim de nourriture que d’information. Violette prit deux tranches de pain azyme et se fit un sandwich de poisson fumé, bien décidée à essayer le chocolat si elle avait encore un peu de place. Klaus se servit d’un peu de quiche et d’éclair au caramel, et Sunny s’approcha de la coupole pour attraper un pamplemousse qu’elle commença à peler de ses dents anormalement tranchantes. Kit leur sourit, s’essuya la bouche d’une serviette imprimée des initiales K.S., et commença à parler.
«Le bâtiment de l’autre côté de l’étang, c’est l’hôtel Dénouement, commença-t-elle. Êtes-vous déjà aller là-bas ?
_ Non, fit Violette. Nos parents nous avaient amenés à l’hôtel Préludio pour un week-end, par contre.
_ C’est vrai, renchérit Klaus. J’avais complètement oublié.
_ Carottes au déjeuner, fit Sunny, qui se remémorait ce plaisant séjour, un sourire aux lèvres.
_ Oui, l’hôtel Préludio est un endroit vraiment charmant, dit Kit, mais l’hôtel Dénouement, c’est bien plus que ça. Pendant des années, ce fut un lieu où tous nos volontaires pouvaient se rencontrer pour échanger des informations, discuter de plans destinés à la défaite de nos ennemis, ou pour retourner les livres que nous nous étions empruntés. Avant le schisme, d’innombrables endroits servaient de tels buts. Des librairies et des banques, des restaurants et des boutiques de stations service, des cafés et des pressings, des salons d’opium et des réservoirs pour gazoducs. Les personnes intègres et nobles pouvaient se retrouver pratiquement partout.
_ Ca devait être merveilleux, fit Violette.
_ D’après ce qu’on m’a dit, du moins. J’avais quatre ans lorsque tout a changé. Notre organisation s’est brisée, comme si le monde s’était brisé lui aussi. Et, un par un, les lieux sûrs furent impitoyablement détruits. Il y avait un grand laboratoire scientifique, mais le volontaire qui s’en occupait a été assassiné. Il y avait une immense grotte, mais une bande de sales agents immobiliers l’a envahie et se l’est appropriée. Et il y avait un immense quartier général dans les Monts Mainmorte, mais/
_ Il a été incendié, fit Klaus silencieusement. Nous sommes arrivés peu de temps après la crémation.
_ Oui, bien sûr, fit Kit. Pardonnez-moi, je l’avais complètement oublié. Bon, tout ça pour dire que ce quartier général était notre pénultième lieu sûr.
_ Pipeulquoi ? demanda Sunny.
_ «Pénultième» veut dire «avant dernier», expliqua Kit. Après cette destruction, il ne resta plus que l’hôtel Dénouement. Et aux quatre coins du monde, toute la noblesse et l’intégrité que nous avions répandu s’est rapidement évanouie.»
Elle soupira alors qu’elle regardait la surface lisse et imperturbable de l’étang.
« Si nous ne faisons pas attention, tout cela va complètement disparaître. Seriez-vous juste capable d’imaginer un monde inéluctable, totalement envahi par la déception et la haine ?
_ Absolument.» répondit silencieusement Violette, et son frère l’approuva.
Ils savaient que l’adjectif «inéluctable» signifiait «impossible à stopper,» et ils étaient à même d’imaginer un monde pareil très facilement, car ils y vivaient déjà. Depuis leur première rencontre avec le comte Olaf, ils n’avaient connu que haine et déception, et il avait été très dur de succomber à la tentation de devenir eux-mêmes des scélérats. En réalité, alors qu’ils faisaient le point sur toutes leurs actions, ils n’étaient plus vraiment sûr de n’avoir commis aucun crime mineur, même s’ils avaient eu de très bonnes raisons de les commettre.

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MessageSujet: Re: TRADUCTION DU TOME 12 PAR ORWELL ET/OU SUNNY !   Sam 19 Nov - 17:53

Cool!! Thanks Doc Orwell!!
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Lemony
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MessageSujet: Re: TRADUCTION DU TOME 12 PAR ORWELL ET/OU SUNNY !   Sam 19 Nov - 18:14

WAAAW !! Que de révélations !! Tante Agripinne n'était donc pas folle !!
Et elle fait bien partie de VDC !!! Elle avait peur des agents immobiliers car ce sont des MVDC !!!

Merci Doc , direction blog , avec ta permission et ton copyright.
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MessageSujet: Re: TRADUCTION DU TOME 12 PAR ORWELL ET/OU SUNNY !   Sam 19 Nov - 19:12

LOL, faîtes donc moi l'épargnance de vos commodités conversationnelles, vilain guichetier !
(il enlève sa péruque)
Oui, Tante Agripinne n'était pas folle du tout ! C'est amusant parce que presque toutes ses phobies trouvent des explications !

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MessageSujet: Re: TRADUCTION DU TOME 12 PAR ORWELL ET/OU SUNNY !   Dim 20 Nov - 10:44

Merci beaucoup!
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Docteur Orwell.
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MessageSujet: Re: TRADUCTION DU TOME 12 PAR ORWELL ET/OU SUNNY !   Sam 26 Nov - 9:45

LA SUIIIIIIIIIIIIIITE-EU !


«Quand nous étions coincés dans ces montagnes, fit Klaus, nous avons trouvé un message écrit par un volontaire. Il disait qu’il y aurait une réunion de VDC jeudi prochain à l’hôtel Dénouement.»
Kit hocha la tête en agrément, alors qu’elle prenait un peu de café.
«Dîtes-moi, ce message n’était-il pas adressé à un certain J.S., par hasard ? demanda-t-elle.
_ Oui, répondit Violette. Nous avons d’abord pensé qu’il s’agissait de Jacques Snicket, mais…
_ Frater ? Interrogea Prunille.
Kit sembla regarder sa pâtisserie d’un air mélancolique.
«Oui. Oui, Jacques était mon frère. A cause de ce maudit schisme, je n’ai pas revu mes frères depuis des lustres. Il a fallu que j’apprenne son meurtre après tant d’années.
_ Nous l’avons vu très brièvement, fit Violette, se souvenant de ce temps où les Baudelaires avaient pour tuteur un village tout entier. Vous avez du être très choquée d’apprendre ceci.
_ Extrêmement triste, oui, répondit-elle, mais pas choquée, non. Tant de gens intègres ont été éliminés par nos ennemis.»
Elle ne put regarder les enfants avec un petit sourire attristé.
«Je ne vais pas vous faire l’affront de vous expliquer ce qu’on ressent quand on perd un membre de sa famille… En tout cas, je me suis sentie si désespérée que j’ai fait le serment solennel de ne plus jamais quitter mon lit.
_ Et que s’est-il passé ?» demanda Klaus.
Elle sourit de manière un peu plus ostensible.
«Et bien, j’ai commencé à avoir faim, expliqua-t-elle, et quand j’ai ouvert mon réfrigérateur, j’ai trouvé un message semblable qui m’était adressé.
_ La Vérification des Denrées Codées, mais c’est bien sûr…, fit Violette. Le même code que nous avons du déchiffrer dans les monts Mainmorte.
_ Oui, fit Kit. Vous trois avez été repérés par un autre volontaire. Nous savions tous, bien sûr, que vous ne portiez aucune responsabilité dans le meurtre de mon frère. Nous n’accordions aucune considération à ce que cette crétine avait écrit dans le Petit Pointilleux. »
Les Baudelaires s’entre-regardèrent. Ils avaient presque oublié la présence de Géraldine Julienne, une journaliste qui leur avait causé bien des ennuis, expression signifiant ici «publié dans un journal qu’ils avaient tué Jacques Snicket bien qu’elle l’ait pris par erreur pour le Comte Olaf.» Depuis lors, ils avaient été obligés de se déguiser à plusieurs reprises pour ne pas se faire capturer par les autorités.
«Qui nous a repérés, en fait ? demanda Klaus.
_ Mais enfin, Quigley Quagmire ! répondit-elle. Il vous a retrouvés dans les Monts Mainmorte, et s’est débrouillé pour me contacter dès qu’il a été séparé de vous. Nous avons réussi à nous donner rendez-vous dans une boutique de peignoirs, où nous nous sommes fait passer pour des mannequins alors que nous établissions un plan d’attaque. Nous avons heureusement réussi à envoyer un télégramme au sous-marin du capitaine Widdershins.
_ Queequeg, fit Sunny, rappelant le nom du véhicule marin dans lequel ils avaient vécu quelques uns des jours les plus horribles de leur existence.
_ Nous pensions aller vous chercher tous les deux sur la plage de Malamer, pour nous rendre à la réunion des VDC à l’hôtel.
_ Mais où est passé Quigley, dans ce cas ?» demanda Violette.
Kit soupira alors qu’elle achevait sa tasse de café.
« Il était vraiment impatient de vous revoir, dit-elle, mais il a reçu des nouvelles de son frère et de sa sœur.
_ Duncan et Isadora ! s’écria Klaus. Ca fait si longtemps qu’on ne les a pas vus ! Est-ce qu’ils sont en sécurité, au moins ?
_ J’espère, du moins, répondit Kit. Le message qu’ils avaient envoyés était incomplet, mais apparemment ils étaient attaqués par les airs lorsqu’ils survolaient la mer. Quigley est immédiatement parti les sauver grâce à un hélicoptère que nous avions volé à un botaniste du coin. Si tout se passe bien, vous verrez les triplés Quagmire Jeudi prochain. A moins que vous n’annuliez la réunion, bien entendu.
_ L’annuler ? demanda Violette. Pourquoi ferions-nous une chose pareille ?
_ Le dernier lieu sûr n’est peut-être plus sûr du tout, répondit tristement Kit. Si c’est le cas, je vous ordonne d’envoyer à VDC un signal pour indiquer que la réunion de Jeudi est annulée.
_ Pourquoi pas sûr ?» demanda Sunny.
Kit soupira une nouvelle fois, ouvrit le porte-documents qu’ils avaient récupéré dans le taxi, et commença à fouiller dans l’épaisse masse de papiers.
« Désolée d’être si désorganisée, fit-elle. Je n’ai toujours pas eu le temps de ranger mon calepin-à-secrets-commonplace-book. Mon frère disait souvent que si nous avions un peu plus de temps pour lire des choses importantes, tous les secrets du monde seraient élucidés. J’ai à peine examiné ces cartes, ces poèmes et ces diagrammes que Charles m’a envoyés, et je n’ai toujours pas choisi le papier peint de la chambre du bébé. Attendez une seconde, les enfants, je vais vous le trouver.»
Les enfants continuèrent leur brunch, retenant leur impatience alors que la tête de Kit disparaissait littéralement dans le dossier. Elle finit par leur montrer un petit bout de papier, pas plus gros qu’un emballage de chewing-gum, roulé en un cylindre.
«Le voilà, fit-elle. Un serveur l’a caché dans un cookie et me l’a apporté hier soir.»
Elle l’offrit à Klaus qui l’examina à travers ses lunettes cerclées.
«Ca dit… «JS a réservé et a demandé du thé avec du sucre. Mon frère vous adresse ses sentiments respectueux. Sincèrement, Franck.»
_ J’avoue que les messages que les volontaires s’envoient par cookies interposés sont généralement incompréhensibles… fit Kit. Mais le vrai problème, c’est que je viens d’apprendre que le restaurant où travaillait ce serveur a très récemment changé de propriétaire. C’est pour cela que j’ai l’air si crevée et déprimée, en fait. Il est possible que quelqu’un se fasse passer pour mon frère, et ait réservé quelque chose à l’hôtel avant que notre délégation n’arrive ! Cette certitude est tellement horrible que je n’en ai pas dormi de la nuit.
_ Le Comte Olaf, fit Violette.
_ Oui, ça pourrait être Olaf, acquiesça Kit, mais d’autres personnes sont si horribles qu’elles n’ont même plus besoin de jouer les imposteurs. Ces deux scélérats que vous avez vu sur ce mont, par exemple.
_ Ou même Hugo, ou Colette, ou Kevin, fit Klaus, rappelant les noms des trois personnes qui avaient rejoint le comte Olaf et devaient le retrouver à l’hôtel.
_ Le problème, c’est que ce J.S. n’est pas non plus forcément un criminel, répondit Kit. N’importe qui peut réserver une chambre à l’hôtel et demander du sucre dans son thé. Pas pour l’adoucir, bien sûr – mon frère disait souvent que le thé devrait être dur comme l’écorce et fin comme le rasoir – mais comme un signal. Nos collègues et nos ennemis cherchent tous la même chose : le Vaisselier au Désacchariné Contenu.
_ Sucrier, fit Sunny, échangeant un coup d’œil intéressé avec son frère et sa sœur. Ils savaient que Kit parlait d’un sucrier très important pour VDC dont le Comte Olaf rêvait de s’emparer, désespéré à l’idée de le retrouver un jour. Les enfants l’avaient cherché du plus haut sommet des monts Mainmorte jusqu’aux profondeurs abyssales de la Grotte Gorgone au fond de l’océan, mais ils ne l’avaient pas retrouvé et ne savaient toujours pas pourquoi il était si important.
«Exactement, répondit Kit. Le sucrier doit être en route vers l’hôtel au moment où nous parlons, et je n’ose pas imaginer ce qui pourrait arriver si nos ennemis réussissaient à s’en emparer. Oh, rien, rien de rien, ne pourrait arriver de pire ! Quelle horreur… Je ne pense qu’une pire chose pourrait survenir, en fait. A part bien sûr s’ils avaient réussi à se procurer des spores de Mycélium Gorgonoïde, mais ce n’est pas près d’arriver, n’est-ce pas ?»

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MessageSujet: Re: TRADUCTION DU TOME 12 PAR ORWELL ET/OU SUNNY !   Sam 26 Nov - 11:52

OUAHHHH!! YESSSSSS!! Merci Doc!! Trop cool la suite!! Et la fin.. Trop cool ce tome 12! Merci!!
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Mandragore
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MessageSujet: Re: TRADUCTION DU TOME 12 PAR ORWELL ET/OU SUNNY !   Sam 26 Nov - 12:23

merci merci merci !!!
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MessageSujet: Re: TRADUCTION DU TOME 12 PAR ORWELL ET/OU SUNNY !   Sam 26 Nov - 15:17

Merci, j'attend la suite avec impatience !
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MessageSujet: Re: TRADUCTION DU TOME 12 PAR ORWELL ET/OU SUNNY !   Sam 26 Nov - 16:57

rohhhh, ce n'est pas beau d'etre gourmand!!! heu sinon, quand arrive la suite? tr4et
Excellent Doc Orwell, comme toujours ^^
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MessageSujet: Re: TRADUCTION DU TOME 12 PAR ORWELL ET/OU SUNNY !   Ven 2 Déc - 21:09

SUITE ET FIN !

Les visages des trois enfants Baudelaire s’assombrirent, verbe signifiant ici «se modifièrent dramatiquement à l’idée de devoir informer Kit Snicket de très mauvaises nouvelles.»
« Kit, il… Il… J’ai bien peur que le Comte Olaf ait effectivement réussi à obtenir un échantillon de spores de mycélium gorgonoïde, fit Violette, faisant référence à un champignon mortel qu’ils avaient eu le malheur de rencontrer lors de leur séjour sous l’océan. Ses sinistres spores avaient empoisonné la pauvre Sunny, qui serait probablement morte si son frère n’avait réussi à trouver un antidote en un temps record, bien que peu conventionnel.
_ Nous avions réussi à enfermer toutes les spores dans un scaphandre, ajouta Klaus. Mais le Comte Olaf l’a volé.»
Kit sembla pousser une exclamation d’effroi.
«Dans ce cas, pas de temps à perdre. Ecoutez, vous trois avez une mission à accomplir. Vous infiltrerez l’hôtel Dénouement et identifieriez qui est ce fichu J.S. Si ce J.S. se révèle être quelqu’un de noble et d’intègre, vous l’aiderez à obtenir le sucrier, mais s’il se révèle être un scélérat en puissance, vous l’en empêcherez à tout prix. Je suis triste de vous avouer que ce ne sera pas aussi facile que ça peut en avoir l’air.
_ Ca n’a pas l’air facile du tout, fit Klaus.
_ C’est ça l’esprit, répondit Kit alors qu’elle mastiquait un grain de raisin. Bien sûr, vous ne serez pas seuls. La règle veut qu’arriver en avance soit le signe d’une grande politesse, ce qui fait que certains volontaires sont déjà installés dans l’hôtel. Peut-être même reconnaîtrez-vous certains des volontaires que vous aviez déjà rencontrés durant vos désastreuses aventures. Mais vous rencontrerez sûrement aussi d’anciens ennemis, se faisant passer pour des gens polis en arrivant également en avance. Et quand vous observerez ces imposteurs, d’autres imposteurs vous observeront également.
_ Mais comment être sûr des vraies motifs de tous ces gens ? demanda Violette.
_ De la même façon que vous l’avez toujours fait, répondit Kit. Quand vous avez vu pour la première fois le Comte Olaf, n’avez-vous pas pensé qu’il avait une vraie âme de scélérat ? Quand vous avez vu pour la première fois les triplés Quagmire, n’avez-vous pas compris qu’ils feraient sûrement des personnalités douces et respectueuses ? Vous devrez donc observer soigneusement, puis prendre la responsabilité de tels jugements très vite. Vous deviendrez donc des éclaireurs.
_ Cancre, fit Sunny, qui signifiait approximativement «J’ai peur de ne pas comprendre ce mot.»
_ Les éclaireurs, expliqua Kit, sont dans VDC des personnes qui se contentent d’observer silencieusement leur environnement et les gens qu’ils rencontrent, et qui n’utilisent la filature et l’effraction qu’en cas d’absolue nécessité. Très peu de gens s’en rendent compte, mais les enfants font d’excellents éclaireurs. Vous passerez totalement inaperçus dans l’hôtel.
_ Mais on ne peut pas passer inaperçus ! s’écria Klaus. Le Petit Pointilleux a fourni nos photos dans ses articles ! Des tas de gens vont nous reconnaître et alerter les autorités !
_ Mon frère a raison, acquiesça Violette. Trois enfants ne peuvent de toue façon pas errer dans un hôtel pour espionner tout le monde !»
Kit sourit, et releva un coin de la nappe pour révéler la présence de trois paquets enrobés de papier kraft.
« L’homme qui m’a adressé ce message caché dans un cookie est un membre de VDC. Il m’a conseillé de vous engager ici comme concierges. Vos uniformes sont dans ces paquets.
_ Encore cancre,» fit Sunny.
Klaus avait pris son calepin-à-secrets-common-place-book, pour noter attentivement tout ce que Kit pouvait bien leur révéler. Il pouvait néanmoins interrompre son travail pour définir un mot.
« Un concierge, Sunny, est supposé faire beaucoup de choses différentes dans son hôtel, mais pour satisfaire les envies des clients.
_ C’est la couverture parfaite, fit Kit. Vous ferez tout et n’importe quoi, du ramassage des valises jusqu’à la recommandation des restaurants. Vous aurez par contre une totale liberté de mouvement du solarium au sommet du toit jusqu’à la blanchisserie située dans les fondations, et surtout personne ne soupçonnera le fait que vous êtes là pour espionner. La première difficulté, ou votre premier atout, sera le directeur de cet hôtel : Frank vous aidera du mieux qu’il pourra, faîtes-moi confiance. Mais attention, le schisme de VDC a déchiré bien des familles, et dressé bien des frères les uns contre les autres. Vous ne devrez donc en aucun cas, je répète bien, EN AUCUN CAS, révéler vos véritables identités et votre mission à son frère Ernest, qui est aussi le directeur de cet hôtel. Ce serait facile à faire s’ils n’étaient pas tout deux physiquement identiques.
_ Identiques ? s’écria Violette. Mais s’ils sont jumeaux, ils peuvent se faire passer l’un pour l’autre ! Comment va-t-on faire pour les identifier correctement ?»
Kit finit sa tasse de café.
«Je ne peux vous offrir aucun conseil. Vous devrez avancer prudemment, bien observer tout le monde, et faire vos propres déductions pour juger. C’est la seule façon de différencier les criminels des volontaires. Tout est-il clair maintenant ?»
Les enfants s’entre-regardèrent. Non, tout n’était pas clair. C’était même le moment le moins clair de toutes leurs jeunes vies, et Dieu sait qu’ils en avaient vues d’autres. Les paroles sibyllines de Kit étaient plus mystérieuses que tout ce qu’ils avaient connu. Klaus inspecta les notes qu’il avait écrites dans son calepin, et essaya de résumer la mission que Kit leur avait assignée.
« OK, fit-il. Nous allons nous faire passer des concierges et devenir des éclaireurs pour tenter d’observer un imposteur dont nous ne savons absolument rien et également de savoir s’il est un volontaire ou un ennemi…
_ Un certain Frank va nous aider, fit Violette, mais son jumeau Ernest va tout faire pour nous stopper.
_ Sucrier, fit Sunny.
_ Très bien, répondit Kit. Quand vous aurez fini votre brunch, vous pourrez vous changer derrière cet arbre, et avertir Frank de votre arrivée. Avez-vous quelque chose que vous pourriez jeter dans cet étang ?»
Violette sortit de sa poche un galet qu’elle avait ramassé un peu plus tôt sur la plage.
« Ca se pourrait bien, dit-elle.
_ C’est parfait, fit Kit. Frank doit être rivé à une fenêtre de l’hôtel en ce moment même. A moins bien sûr qu’Ernest n’ait intercepté son message par confusion et soit en train d’observer à sa place. De toute manière, quand vous serez prêts, vous jetterez cette pierre au centre de l’étang. Les ondes crées par le choc l’avertiront de votre présence.
_ Mais… Vous ne nous accompagnez pas ? demanda Klaus.
_ J’ai bien peur que non, répondit Kit. J’ai d’autres choses à faire. En fait, tout est très organisé. Quigley tentera d’arranger notre situation dans les airs, je tenterai d’arranger notre situation sur la mer et vous tenterez d’arranger notre situation sur la terre.
_ Nous seuls ?» demanda Sunny.
Elle voulait bien sûr dire quelque chose du genre « Pensez-vous vraiment que trois enfants peuvent faire tout cela ?,» que sa sœur traduisit immédiatement.
«Mais regardez-vous, fit Kit, alors qu’elle leur désignait l’étang. Les Baudelaires se levèrent et s’approchèrent de la surface de l’eau, voyant leurs propres réflexions apparaître en face de celle de l’hôtel.
«A la mort de tes parents, tu n’étais qu’une jeune fille, Violette. Mais tu as mûri. Ces yeux ne sont pas ceux d’une innocente. Ce sont les yeux de quelqu’un qui a affronté le malheur sous sa forme la plus pure. Et regarde-toi, Klaus. Tu es un jeune VDC, un expert en recherches, pas le jeune lecteur qui est brusquement devenu orphelin. Et Sunny, toi qui a tellement grandi, et qui se tient maintenant sur deux jambes, toi qui n’est vraiment plus un bébé. Vous pensez que ceci ne peut pas être confié à des enfants, mais vous n’êtes plus des enfants, Baudelaires. Vous êtes des volontaires, prêts à faire face aux épreuves de ce monde confus et désespérant. Vous devez vous rendre à l’Hôtel Dénouement, et Quigley doit se rendre vers ce mobil home suspendu à air chaud, et je dois me rendre à cette barrière de corail de mauvaise qualité où devrait m’attendre un radeau. Mais si Quigley réussit à confectionner un filet assez grand pour capturer tous ces aigles, et si je réussis à contacter le capitaine Widdershins et le rencontrer près d’un fameux bosquet d’algues vertes, nous serons ici pour Jeudi. Hector devrait réussir à poser son véhicule sur le toit de l’hôtel, il est assez élevé, et nous devrions tous tenir à bord.
_ Hector ? fit Violette, qui se souvenait de cet homme qui avait inventé ce mobil home qui les avait dramatiquement séparés. Il va bien, j’espère ?
_ Je suppose,» répondit Kit d’un seul souffle inaudible.
Elle se leva et fit face aux Baudelaires, des tremblements agitant sa voix.
« Ne vous occupez pas du brunch, Baudelaires. Un volontaire s’est désigné pour ramasser votre pique nique. C’est un merveilleux gentleman. Vous le verrez Jeudi, si tout va bien. Si… Si tout… Va… Si tout va…»
Mais elle fut incapable de terminer sa phrase. Elle se mit brusquement à sangloter, et ses épaules commencèrent à s’agiter de façon saccadée, alors qu’ils la regardaient. Quand quelqu’un se met à pleurer, bien sûr, la politesse voudrait qu’on tente de le réconforter. Mais si ce quelqu’un essaye de cacher ses larmes, il put aussi être très poli de feindre de ne pas le voir, afin que cette personne ne soit pas trop embarrassée. L’espace d’un instant, ils ne surent choisir entre la noble décision de la réconforter et la respectueuse option de ne pas l’embarrasser, mais comme Kit commençait à crier et pleurer de plus en plus fort, ils choisirent la première solution. Violette prit une de ses mains. Klaus passa un bras sur son épaule. Et Sunny enlaça ses genoux, sa petite taille l’empêchant d’aller plus loin.
« Pourquoi pleurez-vous ? implora Violette. Pourquoi êtes-vous si déprimée ?
_ Parce que de toute façon ça n’ira PAS bien, sanglota-t-elle. Ca ne marche jamais. Jamais. Tout finit toujours par un fiasco total avec une mort eu bout. Il n’y a rien à faire. Et vous le savez aussi bien que moi. Ce sont des jours noirs, plus noirs que des plumes de corbeaux voyageurs. On aura beau jouer à l’éclaireur, ça ne servira à rien. Nous échouerons forcément. Pourquoi tout cela ? Je reviendrai Jeudi, et je verrai votre signal, et je saurai que tous nos espoirs sont partis en fumée.
_ Mais comment lancer un signal ? demanda Klaus. Quel code utiliserons-nous ?
_ Oh, n’importe quoi, fit-elle. Quelque chose de bien visible et de simple. Nous épierons les cieux en attendant votre réponse.»
Elle se dégagea alors de leurs bras, et s’enfuit loin de l’étang sans autre mot. Violette, Klaus et Sunny regardèrent sa silhouette qui s’éloignait, toujours plus minuscule, jusqu’à ce qu’elle disparaisse, peut-être pour se ruer dans son taxi, ou pour rejoindre un autre volontaire, masquée par le brouillard. Pendant un long moment, aucun d’eux n’osa parler ? Puis, Sunny réussit à articuler :
« Change ?
_ Ouaip, fit Violette avec un soupir. C’est du gaspillage que de laisser toute cette nourriture, mais je ne peux vraiment plus manger.
_ Peut-être que ce volontaire chargé de le récupérer l’amènera à quelqu’un d’autre, fit Klaus.
_ Peut-être, oui, acquiesça Violette. Il y a tellement de mystère dans VDC.
_ Peut-être que nous en saurons plus quand nous serons des éclaireurs, suggéra Klaus. Si nous observons tout ce qu’il y a autour de nous, peut-être que nous comprendrons mieux certains de ces mystères. Du moins, j’espère.
_ J’espère aussi.
_ Aussi espère aussi,» fit Sunny, et ils n’eurent rien d’autre à ajouter.
Délaissant leur brunch, ils s’approchèrent de l’arbre que Kit leur avait désigné, et firent pendre la nappe de pique nique sur une branche, afin qu’ils puissent tous se changer avec un semblant d’intimité. Violette ajusta un ceinturon étincelant où étaient gravées en larges lettres noires HOTEL DENOUEMENT tout autour, et espéra être capable de faire la différence entre Frank et son horrible frère Ernest. Klaus ajusta son chapeau plat et rond sur sa tête, grâce à un petit élastique qu’il glissa sous son menton, et espéra être capable de faire la différence entre les deux types de clients à l’hôtel. Et Sunny glissa ses doigts dans ses gants blancs, surprise de constater que Frank avait réussi à trouver un uniforme d’une taille aussi inhabituelle, et espéra être capable de trouver cet imposteur qui se faisait passer pour Jacques Snicket.
Quand ils eurent terminé de mettre leurs uniformes, ils marchèrent vers l’étang et ajustèrent la dernière touche de leurs déguisements : trois énormes paires de lunettes de soleil, qui ressemblaient étrangement à celles qu’avait utilisé Olaf pour se faire passer pour un détective. Elles étaient si larges qu’elles couvraient non seulement leurs yeux mais aussi une grande partie de leurs visages : Klaus pouvait même y glisser ses lunettes habituelles sans que cela se vit. Alors qu’ils regardaient leurs propres réflexions dans l’étang à travers leurs lunettes de soleil, ils se demandèrent si ces déguisement seraient suffisants pour les faire échapper aux serres des autorités assez longtemps pour qu’ils élucident certains mystères qui les préoccupaient, et se demandèrent si ce qu’avait dit Kit était vrai, qu’ils n’étaient plus du tout des enfants, mais des volontaires prêts à affronter les épreuves d’un monde confus et désespérant. Les Baudelaires l’espéraient. Mais, lorsque Violette jeta la pierre au beau milieu de l’étang de sa main gantée, ils se demandèrent soudain si leurs espoirs sombreraient de la même façon. Ils regardèrent tristement les ondulations de la surface de l’eau. Ils virent les tuiles du toit disparaîtrent en un tourbillon de brouillard, comme des mots sur un papier que quelqu’un se serait décidé à froisser. Ils contemplèrent chaque rang de fenêtres bouillir et se troubler, et ils regardèrent les lierres et les fleurs se dissoudrent en une masse informe, alors que la pierre s’enfonçait toujours plus profond dans les profondeurs de l’étang, et que les ondes circulaires s’éloignaient de plus en plus à travers leurs réflexions. Ils virent ce monde de l’autre côté de miroir disparaître, et se demandèrent si leurs espoirs disparaîtraient également, dans ce monde troublé d’ondes qu’était l’hôtel Dénouement, et tous les mystères et secrets qui étaient cachés dans ses profondeurs.

FIN DU CHAPITRE 2 !

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"To ***, with best wishes and worst fears." Da.H---, (allegedly L.S.) I-X 2008
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MessageSujet: Re: TRADUCTION DU TOME 12 PAR ORWELL ET/OU SUNNY !   Aujourd'hui à 17:23

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